Article 21 : " Existe-en-ciel "

Quand j'étais enfant, les questions existentielles jaillissaient bruyamment aux quatre coins de ma tête. Une véritable zizanie ! Je me confiais à mes ours en peluches : ils étaient silencieux mais, au moins, j’avais la douce impression d’être écoutée. 
Un jour, dans le flot de mes interrogations, une question attira plus particulièrement l’attention de la petite fille que j’étais alors :

« Mon Cœur, celui qui permet d'aimer tant de choses et de gens différents, est-il toujours au même endroit ? »

Au-delà de la naïveté qui m’enveloppait précieusement à l’époque, témoin de la présence de l’enfance en moi, c’était une vraie question à mes yeux et elle avait une importante capitale. Les sentiments, les émotions, la curiosité, la peur, les désirs, les palpitations…Je le sentais s’exprimer partout ce Cœur et de mille et une façons. 
C’est alors que j’ai commencé à chercher, au fil des âges, des bribes de réponses à une interrogation compliquée pour les adultes qui m’entouraient mais très censée pour l’enfant que j’étais et qui n’aspirait qu’à dialoguer avec la vraie nature des Hommes. 
J’ai trouvé une première piste de réflexion lors de mes études à l’école : j'ai appris en cours de Sciences Humaines que, oui, le Cœur reste toujours au même endroit : dans la poitrine, à gauche. Il pompe la vie. Et quelle puissance ! Il semble si fragile et si fort à la fois. Même quand le corps se dégonfle face aux difficultés, le Cœur, lui, courageusement gonfle…et il bât, même quand il se retrouve seul face aux tempêtes de l’existence.

Cependant cette réponse ne m’a pas suffi. Elle était si pauvre face à la complexité de ce que je ressentais…Du coup, j’ai continué à chercher. Mais ma quête s’est avérée souvent décevante car les adultes que j’interrogeais durant mon enfance n’avaient que des paroles distantes et superficielles à me donner. Ma question leur semblait amusante derrière leurs pas pressés que je n’arrivais pas à suivre avec mes petites jambes : ils piétinaient chaque jour leur vie sans jamais respirer. Les adultes se sont délectés de ma naïveté. Et cette question a commencé a déchiré Mon Cœur. Y-avait-t-il quelqu’un pour m’écouter ?

Alors j’ai interrogé les Livres : eux, ils sont affectivement moins radins et ont eu la patience de donner du sens à ma question existentielle sans les regarder avec des yeux de merlan frit ! Oui, il faut le dire, on a sacrément sympathisé eux et moi. Ils m’ont conté pleins d’histoires et encore aujourd’hui, ce sont de merveilleux amis. Comme quoi, les relations d’amour sincères existent. Celles qui ont un goût d’éternité…

C’est ainsi que j’ai été invitée dans leur maison enchantée. Ils habitent « rue de La Bibliothèque ». A chaque visite, les Livres m’ont ouvert leur monde riche et merveilleux. Quel privilège ! Mon Cœur est tout simple pourtant, il n’a rien d’extraordinaire. Mais les Livres m’ont offert des trésors de bienveillances en me racontant combien j’étais unique à leurs yeux. Et précieuse. 
Grâce à eux, j’ai pu trouver des étincelles de sens à ma question de petite fille : alors voilà, Le Cœur vit dans des milliers d’endroits différents, sans habiter vraiment nulle part. Le Cœur a milles visages s’adaptant ainsi à la complexité de ce que nous sommes.

Quelle fabuleuse découverte je faisais ! Grâce à cette compréhension, j’ai pu rendre visite à Mon Cœur maintenant que j’avais trouvé toutes ses cachettes. J’ai d’ailleurs beaucoup voyagé à l’intérieur de moi et j’ai trouvé Mon Cœur dans tous ces endroits ;

-          Il peut se blottir dans ma gorge quand je suis émue.

-          Il peut nouer mon estomac quand j'ai peur.

-          Il peut tomber dans mon ventre quand je suis bouleversée.

-          Il peut vouloir sortir de ma poitrine quand je ressens beaucoup d’amour.

-          Il peut changer d’émotions au gré de mes pensées quand je contemple le monde.

Autant vous dire que ces visites n’ont pas été de tout repos ! Mais, ce jour-là, je dois l’avouer, Mon Cœur m’a sacrément impressionné : en son creux naissaient de multiples sentiments qui circulaient dans tous mon corps et me permettaient ainsi de découvrir et de ressentir les différentes nuances de la vie.

Puis, une fois adulte, j'ai pris Mon Cœur pour le poser dans d’autres humains. Malheureusement, il revient souvent un peu cabossé. Mais j’essaie de ne pas trop m’inquiéter car Mon Cœur est toujours lui quand même. Je me dis qu'il est même encore plus beau comme ça. Car il sait aimer passionnément. 

Mais cette beauté, je n’en ai pris conscience qu’après beaucoup beaucoup de temps car il m’a fallu auparavant affronter encore pleins de nouvelles questions qui sont venues habitées les quatre coins de ma tête. Alors j’ai dû reprendre ma quête pour chercher des nouvelles réponses. C’était reparti !

La quête fût plus longue cette fois : l’adulte est moins confiant que l’enfant qui, lui, est tourné plus naturellement vers la vie. J’ai quand même fait des petits pas et grâce à ce chemin de compréhension, des notes de sens sont venues câliner la douleur qui a cabossé parfois Mon Cœur avec un sacré entêtement. C’est un voyage intérieur qui est long. Il faut affronter de gros orages. Mais, à l’horizon, j’ai pu apercevoir la douceur des levers de soleil qui apaisent certains chagrins d’existence. Pas tous…Une grosse larme au bord du cœur peut rester. Inconsolablement demeurer. C’est comme ça. Nous sommes humains, c’est tout. 
D’ailleurs c’est là que j’ai découvert un nouvel ami : il s’agit du Temps. Il travaille pour nous et il nous chuchote à l’oreille qu’on peut continuer à marcher malgré tout car il restera avec nous jusqu’au bout.
Mais, une nuit, il a fait très froid. Sans prévenir, un jour terrible est arrivé : Mon Cœur s'est affaibli de tout…La Vie était partie se recharger ailleurs. Je lui en ai voulu. Beaucoup. Mon Cœur ne laisse jamais tomber personne lui ! Il bât tout le temps sans exigence envers le monde à part celle d’avoir un peu de place pour exister…Ce départ semblait injuste. Mais il l’aime très fort cette Vie alors il a mis pleins de pansements sur sa colère et il a repris le chemin de la quête, encore une fois. 
Malheureusement, cette quête-là fût plus longue encore que toutes les autres. Je peux même dire qu’elle a été déchirante. Mon Cœur s'est épuisé à chercher la Vie partout.

-          Il a été interrogé un souvenir en s’exposant à la douleur du manque.

-          Il a respiré un parfum d’antan en affrontant l’odeur de la nostalgie.

-          Il a questionné le regard d’un passant en se heurtant à la froideur du monde.

-          Il est même allé fouiller dans le passé s’adressant courageusement à ses blessures d’autrefois...

Mais rien…La Vie demeurait introuvable. Pendant que le chagrin prenait racine dans mon Cœur, c’est sa voisine, la Mélancolie, qui s’est proposée de prendre la chambre d’amis. 
Alors, trop fatigué, il a lâché. Pas abandonner, non, ça jamais ! Plutôt mourir ! Mais Mon Cœur a lâché prise sur ses attentes et il s’est occupé un peu de lui. 
De temps en temps, la Mélancolie lui tenait compagnie pour boire un thé chaud le soir sur le canapé. D’ailleurs, elle n’est pas aussi désagréable que les Humains le disent et elle peut même nous aider à nous comprendre. En l’écoutant, j’ai compris que la Mélancolie a en fait le même besoin très fort que tout le monde : celui d’être aimé. 
Petit à petit, on s’est apprivoisé et elle a rejoint mon cercle d’amis : avec les Livres, Le temps et La Mélancolie, nous formons une sacrée équipe ! J’ai de la chance de les connaitre. Nous sommes tel un quatuor musical qui apprenons par nos similitudes et nos différences à jouer tous ensemble la mélodie du moment présent plutôt que celle du futur qui n’est pas encore née et qui intéresse tant les Humains. On a découvert de l’apaisement comme ça. Mon Cœur a été chouchouté fidèlement par ces trois précieux amis que je remercie du plus profond de mon Être de rester à mes côtés contre vents et marrées. Et cette fidélité est si rare à rencontrer.
Puis un jour plus doux est arrivé. Je me souviens, c’était le mois du printemps : la nature s’était réveillée d’un long sommeil hivernal. Mon cœur avait grandi en se levant se matin là. Et un peu vieillit aussi. 
C'est là qu'un jour spécial a pointé le bout de son nez : un autre jour plus important encore que tous les autres. La mélodie du moment présent que nous avons joué si longtemps avec mes trois amis a été entendue : la Vie a regagné Mon Cœur…Quel émoi ! Il a débordé de tout mais surtout d’amour. La Vie était là et elle avait un goût délicieux que je découvrais pour la première fois.

Durant ce jour précis, j'ai réussi à atteindre le sommet de ma propre montagne intérieure. Un véritable exploit : m'aimer. Il faut dire que la Vie m'avait vraiment manqué. J’ai même osé lui dire.

Alors la Vie et Mon Cœur ont noué un lien particulier et unique au monde. Vous savez, ce sentiment puissant et indéfectible qui nous donne foi en ce que nous sommes. En l’ayant perdu, j’ai réalisé que je n’avais pas été assez attentive à la Vie. En me focalisant sur les lendemains lors de mes nombreuses quêtes de sens, je l’ai trop négligé et elle m’a confié s’être sentie oubliée. Je me suis excusée. Et c’est comme ça que la Vie a rejoint, à son tour, mon cercle d’amis si singulier. Pour vivre tous ensemble dans la simplicité précieuse du moment présent.

« Une nouvelle existence a commencé pour moi et Mon Cœur :

le reste de la Vie à nous aimer jusqu’au ciel. »

 

Charlotte, éternelle petite fille


* photo Charlotte Vergori


Article 20 : Le sens de la vie

Est-il possible de saisir un jour cet indomptable sentiment d'avoir enfin conquis le sens de sa vie ?

Lorsque la souffrance vient tambouriner à la porte de notre existence, elle interroge douloureusement le sens de notre présence ici-bas.
En écoutant l’écho de la douleur, j’ai longtemps pensé que s’interroger de la sorte permettait seulement au cœur qui souffre de trouver une échappatoire pour camoufler nos tourments intérieurs : chercher un sens à notre vie pour étouffer la peur de n’être rien sur terre…

Aujourd’hui, ce questionnement profond qui me hante depuis mon enfance m’offre une nouvelle compréhension : et si questionner le sens de notre vie était plutôt un véritable élan d’amour pour elle ? Non pas une fuite, mais une énigme à résoudre, pour donner un vrai sens à notre présence unique dans ce monde… En nous interrogeant sur notre existence, nous lui accordons de l’attention et de l’intérêt. Finalement, nous mettons de l’action dans le mouvement de la vie à travers nos pensées car nous questionner permet de prendre une direction, un chemin, pour marcher vers des projets personnels pleins de promesses. Et, au fond, quand nous cherchons le sens des choses, c’est que ça compte vraiment…

Entreprendre la quête du sens de notre vie pourrait même être une tentative instinctive, plus ou moins consciente, de construire un lien d’amour avec nous-même car il est si difficile de nous aimer…C’est normal, nous ne l’apprenons jamais : depuis l’enfance, notre vie est dirigée par l’obligation et le devoir de devenir quelqu’un coûte que coûte. Mais devenir qui au juste ? Celui dont rêve les autres ? Ou encore la société ? Il faudrait plutôt apprendre à revenir en nous pour découvrir notre propre humanité afin d’apprendre à l’accepter avec ses forces et ses limites et s’autoriser à tisser petit à petit un lien d’amour avec notre corps, notre esprit et notre vie. Il est primordial de découvrir et d’élaborer cette relation avec nous-mêmes.

J’ai entendu un jour que plus nous cherchions le sens de la vie et plus nous le perdions. Cependant, en nous questionnant sur son sens, je pense au contraire que nous nous offrons la possibilité d’aller au cœur de notre existence en comprenant qui nous sommes petit à petit…et donc en comprenant mieux sa vie.


  • « En m’interrogeant sur le sens de ma vie,

je lui accorde de l’importance.

  • En m’interrogeant sur le sens de ma vie,

je fouille en son centre tous les trésors qu’elle recèle.

  • En m’interrogeant sur le sens de ma vie,

je choisis de ne pas subir et je deviens acteur de mon existence unique.

  • En m’interrogeant sur le sens de ma vie,

j’écris ma propre histoire en me frayant un chemin vers plus de conscience. »


A mes yeux, cette question est un véritable positionnement plein de courage pour ne pas sombrer dans la douleur des évènements qui, parfois, nous aimante inévitablement. 
En cherchant le sens de notre vie, nous allons vers nous-mêmes, nous entreprenons la quête de qui nous sommes et nous choisissons la vie. 
En nous interrogeant sur ce que nous sommes venus faire sur terre, nous devenons des chercheurs de vie. 
Et en étant un chercher de vie, nous pouvons découvrir que notre existence a du sens dans le moindre détail : lorsque nous observons les couleurs du ciel, lorsque nous échangeons un sourire, lorsque nous respirons à pleins poumons, lorsque nous élaborons un projet, lorsque nous aimons…Voilà où se trouve le sens de notre vie : il est partout dans notre histoire d’être-humain.

Le sens de notre vie est unique, il en existe autant qu’il y a de personnes sur terre. Il se raconte au singulier. Et il se cultive chaque jour :

  • il est dans nos souvenirs passés témoin de ce courage que nous avons d’arpenté la vie,

  • il est dans le futur au travers nos rêves qui sont à construire,

  • il se trouve là, devant nos yeux, dans la gratitude de chaque instant que nous offre la vie.

Voilà ce qui fait sens : 
ce don qui est en chacun de nous et qui est celui de porter la vie. 

 

Charlotte, chercheuse de vie (janvier 2022)



* photo Charlotte Vergori

Article 19 : Un nouveau départ

.:. L'aube d'une existence humaine débute par un combat en faveur de la vie .:.

À l'état d'embryon, nous devons décupler nos forces pour nous couver dans le ventre de notre mère malgré la fragilité de notre état. Puis, en tant que fœtus, nous poursuivons l'édification de notre corps : toute la complexité humaine en seulement 9 mois. Et nous devons combattre pour survivre à la tempête physique et émotionnelle de l'accouchement.

Quel chemin déjà parcouru pour avoir le droit d'intégrer le monde des vivants !

Une fois que nous avons endossé notre enveloppe humaine, nous allons conduire notre quête personnelle. Un combat de longue haleine pour tenter de nous sentir exister :

-          nous combattons pour nos parents, pour répondre à leurs exigences et pour qu'ils soient fiers de nous,

-          nous combattons à l'école, pour durement nous instruire et pour nous intégrer au milieu des autres,

-          nous combattons pour un métier, pour être performant et pour nous sentir reconnu,

-          nous combattons pour un amour, pour sa réciprocité et pour le préserver,

-          nous combattons pour nos enfants, pour les défendre et pour les accompagner,

-          nous combattons pour l'amitié, pour combler nos manques réciproques et pour nourrir nos échanges,

-          nous combattons pour des inconnus, pour gagner une justice et pour honorer nos valeurs,

-          nous combattons pour une cause, pour réparer secrètement nos blessures et pour trouver notre identité.

Ces batailles, nous avons le sentiment de les remporter ou de les perdre en fonction de notre engagement et de notre force face à la vie. Mais, en réalité, il n'y a pas d'échec ni de victoire dans tout ça...Il y a juste des défis d'existences permettant des apprentissages. Et nous n'avons pas d'autre choix que d'avancer.

Et puis, arrive un jour différent, un jour où nous commençons à nous réconcilier avec nous-même. Nous pouvons alors temporiser tous ces combats. Nous pouvons retrouver cette personne au fond de nous, celle qui s'est cachée toute sa vie pour Être en fonction des attentes de l’extérieur. À présent, rien ne semble plus important que d’Être en fonction de notre intérieur.

Ainsi se calme le tumulte dans notre profondeur pour laisser place à l'expression de notre personnalité et de notre singularité. Nous pouvons alors :

-          partager sans nous épuiser,

-          offrir sans nous priver,

-          vivre sans nous perdre,

-          aimer sans nous oublier.

 Nous faisons des choix en conscience. Nous écoutons notre petite voix. Nous composons notre paix intérieure pour révéler notre authenticité. Sans négliger les autres ni la vie, nous écrivons notre histoire personnelle et nous vivons tout simplement pour nous.

 

.:. À présent, je m'adresse à toi cher lecteur .:.

Oui ! Toi qui est en train de me lire en ce moment ! Pensais-tu peut-être que ce récit était une histoire banale ? Il n'était qu'une introduction au message important que je suis venue te délivrer : tu es précieux. Seulement, t'en souviens-tu ? Tu es un être empli de spiritualité mais ton côté humain l'occulte quotidiennement au profil d'une vie matérielle et d'une charge mentale aliénante. Ce positionnement, que tu as choisi pour diriger ta vie, étouffe ta dimension unique et tu oublies d’être vivant.

Aujourd'hui se présente à toi un nouveau départ : celui de LA rencontre. Pas avec le monde ni l'autre mais la rencontre avec toi-même. Je pourrai même dire : une renaissance vers « toi-m'aime ». Ce grand pouvoir dont tu disposes, et qui est le libre arbitre, peut te permettre de prendre une nouvelle décision dès maintenant : celle de te choisir.

Au cours de ton périple, il y aura des doutes, des envies de détours mais, tu sais, tous les chemins conduisent vers l'inconnu. On aimerait en savoir davantage avant de tenter mais c'est une erreur car plus on s'obstine pour savoir et moins on est capable d'apprendre des surprises que la vie nous réserve.

Je sais ce que tu te dis, que c'est effrayant l'inconnu. Mais, ne t'inquiète pas, tu es humain. Et avant de te sentir libre, il va falloir affronter tes peurs. Quelques soient les sentiments que tu éprouves, tu n'as pas à en avoir honte. Pas la moindre honte. Toute relation nécessite des ajustements, de la patience et de l'attention. Et ta relation avec ton Être a besoin de tout cela. Sans oublier cette note du cœur si précieuse appelée l'autocompassion : chéris ta part sombre qui a juste besoin d'être aimée.

Accepter la rudesse de ta vie sans pour autant renoncer à elle. C'est sûrement là toute la difficulté qui t'attend. Car il est normal qu'après un drame, la vie s'éteigne au creux de ton être...Mais ceci est provisoire, ne l'oublie jamais quand tu seras dans l'obscurité. Tout s'éprouve, c'est comme ça qu'on façonne sa vie. Et je te promets qu'il suffit de peu pour réchauffer ton humanité qui est parfois happée par la souffrance au gré des événements qui te traversent ;

-          Regarde ! Ce sourire, la couleur de cette fleur...émerveille toi.

-          Sens ! Ce parfum d'enfance, le souffle du vent sur ton visage...imprègne toi.

-          Aime ! Cette rencontre inattendue, les merveilles de la nature...enrichis toi.

Reconnecte-toi à ce désir enfoui et qui peut dévorer passionnément tout ton cœur : faire quelque chose de la vie qui t'a été donnée.

Avant de te laisser poursuivre ton chemin, je tiens à t’offrir des mots pour parler de ta vie et de ta singularité : voici une visualisation pour poursuivre courageusement ta quête personnelle lorsque tu douteras de toi. Que ces dernières lignes puissent te rappeler combien tu es spécial. Puissent-t-elles murmurer à ton esprit l’Être lumineux que tu es dans l'immortalité de ta vie :

« Aujourd'hui, je comprends que la vie a mille visages.

Aujourd'hui, j'apprends à vivre au présent car il y a tant de possibles dans l'éternité d'un seul instant.

Aujourd'hui, j'apprends à mourir pour initier une métamorphose :

je pars à MA RENCONTRE et

je commence un NOUVEAU DEPART. »

  

Charlotte Vergori  « par amour pour ma vie éphémère », décembre 2020 

♡ A chacun des patients que j'ai l'honneur d'accompagner

et dont la rencontre initie à chaque fois un nouveau départ en moi

pour tenter d'être une meilleure soignante petit à petit ♡

(À Isa qui m'a encouragé à reprendre l'écriture,

(À ma famille qui m’a courageusement suivi en Dordogne pour vivre un nouveau départ... )



* Photo Charlotte Vergori


Article 18 : Quel avenir pour les soignants ?


🦋 En ce moment, être soignant c'est avoir un avenir incertain : en effet, comment savoir si chaque professionnel de santé pourra encore prendre soin des autres demain et après demain...alors qu'il est lui-même malmené quotidiennement par un système défaillant ? Toujours plus d'actes à effectuer avec de moins en moins de capacités, de temps et de moyens humains : le monde de la santé se meurt...

En ce jour pluvieux, j'ai relu la lettre que j'avais écrite pour mon mémoire de fin d'études en 2011 : du haut de mes 24 ans, j'avais écrit à mon métier avec tout mon coeur et ma passion pour l'être-humain...Cela me fait du bien de relire cette lettre 10 ans après car je me rends compte que malgré les années et les problématiques liées à notre profession, j'ai un amour débordant pour mon métier d'infirmière. C'est inexplicable, c'est en moi...
Cette lecture me permet de me souvenir pourquoi j'ai choisi ce métier car je ne veux jamais oublier...Chaque mot que j'ai écrit avec beaucoup d'idéal et de naïveté à l'époque prend finalement soin de ma fatigue quotidienne aujourd'hui car nous sommes malheureusement dans un environnement de travail maltraitant pour tout le monde, autant les soignants que les soignés.
Alors, si un jour je lâche prise car ce métier me demande trop de sacrifices, je tiens à dire avec toute la sincérité possible, que j'aurai vraiment aimé passionnément être...

" Merci à tous les soignants du monde...qu'ils soient encore dans les services ou non...
Vous êtes formidables 💙 "


🦋 Charlotte, une infirmière parfois désespérée mais qui essaie de rester...🦋




" 2.     Lettre à ma future profession 


Cher futur métier,


Il paraît que je suis idéaliste. Du moins, un peu trop pour pouvoir travailler avec toi "35 heures" par semaine. Et bien, je ne suis pas d’accord avec ça ! Au contraire, je pense que nous pourrions faire une bonne équipe toi et moi.
Je me revois m’engager dans cette formation, ce chemin houleux, qui est censé me faire parvenir jusqu’à toi, et dans peu de temps à présent, ça y est…je pourrai définitivement te rejoindre. Cela sera officiel, car l’état me délivrera un diplôme qui me permettra de vivre professionnellement avec toi.

Le temps passe bien vite. Je ne pensais pas que de me former à toi m’apprendrait tant de choses sur moi-même, sur les autres, sur la vie…Toutes ces émotions, toutes ces larmes, tous ces sourires, tous ces espoirs, toute cette souffrance, toutes ces rencontres… J’étais loin de savoir ce que cela signifiait « être infirmière ». C’est richement difficile et richement passionnant à faire, à être.
Pour pouvoir t’exercer pendant ces 3 ans de formation, j’ai du m’armer de courage pour m’adapter à toi, pour emprunter le chemin de la connaissance de moi-même et des autres, pour te pratiquer et pour comprendre les exigences qui te caractérisent. Je me rends compte que le temps m’aide beaucoup mais il n’est pas toujours mon allié car je le trouve trop pressé. Alors que le temps présent devrait retenir notre principale attention au quotidien.
Beaucoup d’étudiants, moi la première, se posent des questions sur toi tout au long de sa formation : au début tu attises vivement notre curiosité, puis tu nous fais peur par cette puissance qu’il nous semble devoir acquérir pour parvenir à toi. Ensuite, tu nous agaces profondément car il faut apprendre, apprendre, apprendre… pour que tu daignes nous accepter dans ton univers des soins. Et tu finis par nous attendrir car, en fait non, il ne faut pas être puissant pour faire les études que tu nous demandes afin de t’exercer un jour mais il faut être soi-même et un peu courageux car ta réalité est bien dure souvent. Et bientôt tu nous accepteras car on aura obtenu le diplôme qui nous permettra de rentrer dans ton univers des soins. J’ai hâte.

Je pense sincèrement que pour durer dans ce métier, il s’agit de tenir sur ce qui au début nous a motivé. Pour ma part c’est sans aucun doute le fait que j’aime les gens. Dans un métier aussi relationnel et vivant que celui de soignant, inutile donc de te dire que je me sens à ma place auprès de toi, même si tu me mènes la vie dure parfois ! Cette passion ne m’a jamais quitté. Jamais. C’est pour ça qu’elle a eu raison des nombreuses larmes que tu m’as fait verser. Ma conception des soins pourrait tenir en un mot : « apprivoiser ». J’aime beaucoup ce terme car il qualifie parfaitement et simplement le positionnement professionnel que j’ai adopté en tant qu’étudiante infirmière et sûrement, plus tard, en tant que soignante. En effet, il me semble que l’être-humain, dans le milieu professionnel dans lequel j’ai choisi de travailler, doit s’approcher avec discrétion et douceur. Je dirai même que le patient doit être approché « sur la pointe des pieds » pour tenter de tisser petit à petit un lien de confiance afin de permettre au soin d’exister. Et, sans oublier la dimension des connaissances, pour moi prendre soin relève avant tout du cœur.

Les patients que j’ai rencontré grâce à toi m’ont appris profondément ce qu’était la vie et la mort. Ces questions existentielles qui nous taraudent tellement. A mes yeux, le patient est acteur de sa vie et de son corps, qu’il soit à l’hôpital ou en dehors. La maladie n’enlève en rien ce positionnement chez le patient. Au contraire, en position de fragilité, il a d’autant plus sa place d’acteur car il se connaît et qu’il a ses propres ressources à mobiliser, des ressources qui sont une richesse, les siennes, car propres à chaque histoire de vie. Sans la prise en compte du patient comme étant un être humain acteur de sa santé et comme étant une personne qui a son propre cheminement, la dynamique de notre profession n’aurait aucun sens.

J’ai appris qu’être soignant c’est se mettre en position de se laisser toucher par la souffrance qui vient nous convoquer à une place à laquelle nous avons été peu formés et qui est de l’ordre de l’intime. La souffrance fait partie de la vie. Mais peut être que l’idée que chacun se fait de la souffrance est plus douloureuse que la cause de la souffrance elle-même : elle nous renvoie à nous-mêmes, à nos propres peurs d’enfants et aux traces qui en subsistent encore en nous. Ainsi une trop forte identification ou à l’opposé une indifférence voir un rejet rendra le soignant incapable d’établir une relation de soin adaptée. En tant que soignant il faut conserver un sens critique nous permettant d’interroger les situations de soins rencontrées, nous ne pouvons faire que des hypothèses car il n’y a pas une seule vérité et tout le positionnement soignant est là.
Je suis partie d’un défaut de « savoir faire » et j’arrive progressivement au « savoir être » comme racine de la relation quelle qu’elle soit.

A présent, je crois que le plus difficile reste à faire, c'est-à-dire mettre toutes ces réflexions en actes au quotidien sur le terrain, avec sensibilité et professionnalisme. Mais je me dis que quand on s’obstine à mettre un pied devant l’autre on arrive toujours quelque part…
J’espère que je deviendrai avec de l’attention, de l’élan et de l’expérience une infirmière avec qui « il fait bon travailler » et dont le plaisir serait contagieux. En plus, je peux te dire que je ne suis pas difficile, j’aime les relations dans tous ses éclats ! Et les patients ont besoin de sentir ce désir chez nous qui nous pousse à aller à leur rencontre…Je me dis que notre élan peut réveiller des envies qui sommeillent en eux. Alors ayons plaisir à travailler auprès d’eux, le soin commence d’exister par là à mes yeux.

Cher futur métier, maintenant il est temps pour moi de te dire : prépare-toi, j’arrive ! Et sache une chose, même « à fleur de peau », tu ne m’auras pas !


Charlotte

.:. A tous ces patients, passés, présents et futurs, qui ont fait, font et feront battre mon cœur de soignante .:. "

Article 17 : * 2022 *


🦋 Voilà qu'une année recommence telle une rengaine qui semble incessante et pourtant...L'éphémère hante notre vie dès notre venue au monde...

Alors, ce que je voudrai vous souhaiter c'est 365 jours d'opportunités tant que la vie est là : celles qui vous permettront de vous rencontrer toujours plus en profondeur pour oser être la plus belle version de vous-mêmes malgré la dureté du monde qui peut nous décourager parfois...

Mais surtout, je vous souhaite chaque jour d'expérimenter l'amour avec un grand A au travers de tout ce qui compte pour vous : l'Amour de la vie, l'Amour du couple, l'Amour de la famille, l'Amour de l'amitié, l'Amour d'une activité qui vous épanouis, l'Amour de la rencontre, l'Amour des voyages, l'Amour des animaux, l'Amour de la nature qui nous entoure...car c'est bien l'énergie la plus importante au monde ce sentiment d'amour : il peut guérir tant de maux sur terre et même dépasser la mort qui éteint un jours le corps mais jamais l'amour ❤️

Je vous souhaite à tous une douce et belle année 2022, à bientôt à travers la magie des mots 🦋


#InfirmièreToujoursProfondément
#PremierJanvier2022AuTravail
#HappyNewYear


Charlotte